Ras-le-bol au Nord...aussi

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ostende,politique,nordLa situation est grave, tout le monde le pense, le dit, l'écrit. Mais après 530 jours sans gouvernement, le ras-le-bol semble se généraliser tant au Sud, qu'au Nord du pays. L'homme, et la femme de la rue, à qui les plus grands efforts vont sans doute être demandés, n'en peuvent plus de tout ce cirque, ce temps perdu. Les choses ne s'arrangent pas, et plus le temps passe un sentiment exacerbé gronde de la rue. Ceci n'épargne aucune région, et même si Ostende retrouve son caractère touristique en fin de semaine, cela n'empêche le citoyen d'émettre son avis, et parfois très tranché.

De l'épicier au cafetier, le ras-le-bol s'installe

Si les discussions de comptoir, qui se soit chez le boucher, le boulanger, de l'épicier ou du cafetier ne s'articule pas nécessairement autour de la politique, une fois que la conversation y s'oriente, les langues se délient à en avoir des mots très durs face à cette politique de faux-fuyants, toujours prompts à esquiver plutôt que de prendre le taureau par les cornes et trouver LA solution, qui remettra la Belgique sur les rails.

Pour Achille, chez qui on va s'approvisionner en primeurs, les choses sont assez simples: "Oh, vous savez, nous on ne s'occupe pas de politique. Seuls comptent pour nous la marchandise et les clients. D'ailleurs, à ce sujet, on ne comprend pas très bien. On a pas de gouvernement, et pourtant la vie continue. Pourtant il est vrai que les clients ne pratiquent plus de la même façon que voici quelques années. Ils regardent à la qualité, mais aussi à leur porte-feuille, et donc n'achètent pas en quantité. La situation devrait vite se régler, car le commerce va mal. Les prix flambent, et nous devons répercuter aussi la montée de l'énergie."

Même son de cloche pour Jan, du bistro du coin: "Triste de voir cela, on aura même plus de recette pour payer l'électricité. Si certaines fin de semaine les touristes viennent, et cela c'est aussi et surtout à cause des conditions atmosphériques exceptionnelles, pendant la semaine c'est bel et bien la crise. Je ne sais pas si ceci est à mettre sur le compte des politiques, mais il est vrai que la peur d'en arriver comme en Grèce, peut contribuer à une certaine sagesse dans les dépenses, et éviter tous excès."

Le politique local s'"émeut" également

Certes, les affaires locales peuvent se différencier des préoccupations nationales. Quoi que! Le tout ne forme qu'une seule et même chose: la vie du citoyens. A ce titre, l'imbroglio fédéral secoue aussi la classe politique communale. Mais ceci ne s'arrête pas en si bon chemin, puisque la perspective de la consultation d'octobre 2012 agrémente aussi les conversations, et tout le monde y va de ses propositions. Pour les uns, ces élections portent toute leur attention, puisqu'il ne sont pas en ordre utile, ni candidat au national. Par contre, d'autres -déjà nationalisés- estiment qu'il est très important de trouver une solution rapide au problème gouvernemental, afin de reconcentrer la vie locale.

Nous avions rencontré, avant son départ comme témoin des élections -et oui- en RDC (République Démocratique du Congo), Monsieur Bart Tommelein, sénateur Open-VLD, qui nous disait toute son inquiètude au vu de la situation, et plus particuliérement en vue de la consultation populaire des communales. "Je pense que tout ceci n'est pas bon pour le pays, mais aussi pour nos concitoyens, qui se sentent largués, ne se retrouvent plus dans cette politique à géométrie variable, voyant les "chefs" de partis ne pas être capables de s'entendre, et mettant le pays dans une situation inextricable. Nous devons pourtant éviter à tout prix un retour aux urnes au niveau national. Ce qui donnerait encore plus de poids aux nationalistes, à mon sens. Je n'ose imaginer cette chose, qui serait aussi de nature à renforcer ces gens sur le plan communal. Encore une chance, pour l'instant nous n'avons pas de liste  NV-A à Ostende, mais en sera-t-il de même l'an prochain?" La question est posée,  la réponse nous viendra vite.

Si le lecteur wallon pense que tout est rose en Flandres, on peut lui dire qu'il n'en est rien. Tout le pays est déstabilisé par cette crise sans fin. Les prochaines heures seront cruciales, et tout le monde espére sortir enfin de ce chaos.

Robert Genicot

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